thème : éducation
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vendredi 4 juillet 2014 à 9h30

Vendredi s'annonce chargé à Paris 8 !

Appel de la CGT

« C'est pourquoi nous appelons l'ensemble des étudiant-e-s et des personnels, BIATOSS et enseignants, à se rassembler vendredi 4 juillet à 9h30, devant la salle des conseils, pour refuser l'enfermement de notre avenir dans la mécanique périlleuse et irréversible de la COMUE. »

Le vendredi 4 juillet, le Conseil d'administration de Paris 8 est appelé à se prononcer sur les statuts de la Communauté d'universités (COMUE), nouvel établissement qui serait également lié à Nanterre.

Malgré les contestations, malgré les centaines de signatures de la pétition de l'association « Pour Paris 8 », malgré les centaines de manifestant-e-s au sein de l'université en avril, malgré la montée des oppositions dans d'autres universités et au niveau national, malgré les avancées de la revendication de « moratoire », votée au CNESER par l'UNEF et le Snesup, la direction de Paris 8 a donc décidé de passer en force.

Face à l'obligation de regroupement imposée par la loi Fioraso, il y a pourtant des marges de manœuvre. Il serait possible de retarder l'échéance pour laisser mûrir les résistances : le ministère lui-même reconnaît que la date butoir de juillet 2014 est négociable. Il serait possible, parmi les différentes options juridiques, de choisir les moins irréversibles, les moins antidémocratiques, les moins bureaucratiques.

Mais non. La direction fonce, elle veut profiter de l'été pour faire passer la pire des solutions, celle de la Communauté, c'est-à-dire un étage supplémentaire qui, une fois établi, décidera seul depuis son siège parisien d'augmenter ses pouvoirs et négociera avec le ministère ce qu'il faut supprimer à Paris 8 ou à Nanterre. Les directions des deux universités chercheraient-elles au moins à réduire les dérives antidémocratiques de la COMUE ? Même pas. Alors que la loi rend possible l'élection directe de 70 % des membres de son Conseil d'administration, les statuts qui seront votés vendredi n'en prévoient que 50 %, le minimum légal.

Le projet de Communauté serait ainsi, comme le PRES il y a deux ans, imposé sans débat. En effet, ni le PRES ni la COMUE n'ont pu être débattus et votés sereinement, le premier ayant été maintenu secret le temps de la campagne électorale pour les conseils centraux en 2012, la seconde résultant d'une loi votée l'année dernière.

La responsabilité de ce choix est si essentielle qu'elle ne peut être abandonnée uniquement à quelques membres du conseil d'administration, élu-e-s alors que la loi Fioraso n'était même pas conçue et les options qu'elle contiendrait pas encore connues. En dehors d'une réelle concertation, et d'un travail mené avec l'ensemble de la communauté universitaire, nous estimons que la direction actuelle n'a pas de mandat pour nous engager dans ce tournant décisif pour le futur de Paris 8.

C'est pourquoi nous appelons l'ensemble des étudiant-e-s et des personnels, BIATOSS et enseignants, à se rassembler vendredi 4 juillet à 9h30, devant la salle des conseils, pour refuser l'enfermement de notre avenir dans la mécanique périlleuse et irréversible de la COMUE.


A Paris 8, on règle les débats au pénal…
Pour le retrait de la plainte à l'encontre du vice-président étudiant !

Le vice-président étudiant, Ulysse Penincq, a reçu une citation à comparaître au tribunal correctionnel pour « outrage » à M. François Castaing, enseignant élu au Conseil des études et de la vie universitaire sur la liste de la présidente.

Quel « outrage » ? Il est reproché au vice-président étudiant d'avoir suspecté, en séance du CEVU du mercredi 9 octobre 2013, que M. Castaing votait pour plusieurs personnes sur la base de procurations invalides (deux procurations données par la même personne à M. Castaing, l'une à la mauvaise date, l'autre sans destinataire, ont été comptabilisées ce jour-là comme valant une voix). Le Mouvement Universitaire de Résistance, collectif dont le vice-président étudiant est un élu, a écrit ensuite que F. Castaing avait fait « usage d'une fausse procuration pour voter le projet controversé du règlement intérieur », dont le résultat final fut serré (9 abstentions, 8 voix contre, 10 pour).

Pourquoi y aurait-il outrage ? Parce que l'accusation porterait atteinte à la dignité de M. Castaing en sa qualité d'enseignant, c'est-à-dire de « personne chargée d'une mission de service public ». Pour appuyer sa plainte, F. Castaing bénéficie de la « protection fonctionnelle » de l'université (c'est-à-dire concrètement d'argent pour payer un avocat), qui lui a été accordée par un vote du conseil d'administration.

Nous nous indignons de telles pratiques et rappelons :

  • que, malheureusement, l'expérience de plusieurs séances des différents conseils de l'université et du PRES a amené plusieurs élu-e-s, et pas seulement celles et ceux du MUR, à douter de la validité de certaines procurations. D'ailleurs, suite au CEVU du 9 octobre, des mesures ont été prises par la présidence afin d'assainir la procédure de procuration ;
  • que l'accusation a été portée dans sa forme la plus explicite par un texte du MUR, c'est-à-dire d'un collectif militant, et non du vice-président étudiant seul, qui est pourtant le seul accusé ;
  • que c'est en tant qu'élu, membre d'une liste parmi d'autres, et non en tant qu'enseignant, que M. Castaing a été interpellé par un autre élu ; que si l'inverse s'était produit, le vice-président étudiant n'aurait pu ni se plaindre d'avoir été « outragé » ni bénéficier de la « protection fonctionnelle » de l'université ;
  • qu'il est tout à fait inédit et scandaleux que des débats houleux dans une instance de Paris 8 puissent être jugés par un tribunal correctionnel.

Ridicule, cette plainte a peu de chances d'aboutir. Mais, tandis que M. Castaing utilise un avocat payé sur les deniers de l'université, le vice-président étudiant doit se débrouiller seul. Surtout, brandir la menace d'un procès, c'est chercher délibérément à vouloir empêcher tou-te-s les élu-e-s, tou-te-s les militant-e-s, toutes celles et tous ceux qui entendent, aujourd'hui et demain, contribuer aux débats, même houleux, de l'université. Ne nous y trompons pas : ce n'est pas seulement le règlement de comptes d'un élu intolérant ou indisposé par l'existence de débats mais, dès lors que la direction de Paris 8 y apporte son soutien, une politique concertée d'intimidation à grande échelle.

C'est pourquoi nous trouvons cette citation à comparaître intolérable et foncièrement antidémocratique. Nous appelons :

  • M. Castaing à retirer sa plainte (étant donné la légèreté de ses arguments, cela devrait entraîner la fin des poursuites)
  • et la direction de l'université Paris 8 à retirer la protection fonctionnelle qu'elle a accordée à F. Castaing par un vote du Conseil d'administration.

Nous appelons l'ensemble des collègues et étudiant-e-s à manifester leur soutien, conscient-e-s que si le vice-président étudiant est attaqué par voie de justice, nous pouvons toutes et tous devenir des cibles.

La Dionysoise, Émancipation, Ferc-Sup CGT, SGEN-CFDT, SNASUB-FSU, Solidaires Étudiant-es, NPA Comité jeunes Paris 8, Collectif des étudiant-e-s étranger-e-s de Paris 8, et des élu-e-s du Mouvement Universitaire de Résistance (MUR), P.8. V.O., Expérimenter.


Communiqué de Pour Paris8

Une parodie de démocratie

A l'approche du vote décisif du conseil d'administration qui nous fera entrer dans la COMUE, la direction de l'université a pris ces dernières semaines plusieurs initiatives destinées à améliorer son image et à faire croire que son action reposait sur la concertation. Ce à quoi nous avons assisté est en fait une parodie de démocratie.
Il en va ainsi de la table-ronde organisée le 11 juin, après plusieurs mois de refus du moindre débat, qui a certes permis aux défenseurs de l'association d'exposer leur point de vue, mais sans obtenir de réponse aux questions posées, en particulier à celle de savoir par quel miracle l'article L. 718-8 - qui confèrera des pouvoirs exorbitants au conseil d'administration de la COMUE - ne s'appliquerait pas à notre université.

Il en va ainsi également de la proposition faite à un membre de Pour Paris 8 ! d'assister au conseil d'administration du 20 juin, séance durant laquelle son intervention, accueillie dans un silence poli, a été suivie de l'énoncé des mêmes contre-vérités selon lesquelles les statuts de la COMUE que ce conseil s'apprête à voter auraient - au rebours de l'ensemble des principes du droit français - une force supérieure à celle de la loi.

Il en va ainsi, enfin, des deux textes votés par le même conseil d'administration, dont l'un - qui va dans notre sens - soutient l'idée d'un moratoire au niveau national, alors que l'autre demande que soit seule examinée à Paris 8 l'option de la COMUE. Ainsi le conseil d'administration reconnaît-il de manière schizophrénique la nécessité d'une plus grande concertation dans les universités françaises avant de décider d'en exempter celle qu'il représente !

La concertation ne consiste pas seulement à écouter les arguments de l'autre, elle implique aussi de les prendre en considération. Face à cette parodie de démocratie, Pour Paris 8 ! redit son opposition à la fois à la COMUE et aux méthodes brutales par lesquelles celle- ci est imposée à une communauté universitaire qui lui est majoritairement hostile. Si, comme tout l'indique, la direction choisit de passer en force, nous continuerons demain à nous battre - dans le respect de l'autre, mais avec détermination - contre la disparition programmée de Paris 8 en tant qu'université critique, collégiale et démocratique.


1ere motion votée au CA

La loi Fioraso, adoptée en juillet 2013, a donné aux universités jusqu'à la fin juillet 2014 pour adopter les statuts des regroupements territoriaux constitués par les ex-Pres et en tout état de cause pour inscrire dans les contrats de site la forme choisie pour organiser ce regroupement.
Indépendamment de notre jugement plus que critique à l'égard du caractère obligatoire de ces regroupements souvent fondés sur des présupposés contestables, nous pouvons observer que dans nombre de situations les universités sont amenées par ce calendrier contraignant à concevoir des regroupements de façon précipitées. Cela fait souvent obstacle à des constructions collégiales et coopératives - alors que c'est sur cette base que peuvent se constituer des logiques partenariales non concurrentielles fondées sur de véritables projets scientifiques et pédagogiques - et favorise à l'opposé des constructions imposées par le haut sur des bases managériales, de circonstances et où les espaces démocratiques sont fort réduits.
Si les partenariats existants entre Paris 8, Paris 10 et le CNRS depuis plusieurs années nous ont permis de travailler sur la consolidation de partenariats collaboratifs, le CA de Paris 8 exprime sa solidarité avec les universités qui demandent des délais supplémentaires afin de pouvoir prendre le temps de définir des formes libres et souples de coordination qui soient respectueuses de la spécificité des établissements et des particularités locales. Abstention : 2

2eme motion

Pour ce qui concerne l'université Paris 8, le CA considère, après l'organisation d'un débat public contradictoire devant la communauté universitaire d'une part, et le débat tenu ce jour au CA d'autre part, et compte-tenu de l'obligation qui nous est faite de devoir traduire statutairement la forme du regroupement territorial réalisé avec Paris 10 et le CNRS, de poursuivre ses travaux sur la base du projet de COMUE avec Paris 10 et le CNRS. [1]
Contre : 5
Abstention : 3
Pour 17

Lien : https://paris.demosphere.eu/rv/34452
Source : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?ar...

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