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mardi 17 janvier 2017 à 9h

2 parties : 1 2

La solidarité encore et toujours en procès

Attention : il faut être devant le Palais à 8h30 pour pouvoir rentrer dans la salle d'audience

Mardi 17 janvier prochain à la 28ème chambre du TGI de Paris, se tiendra le procès de Houssam El Assimi, membre du collectif La Chapelle Debout !, qui risque d'aller en prison pour avoir aidé des migrants à la rue.

Présent lors d'une rafle le 30 septembre 2016 sur un campement d'exilés, sur l'avenue de Flandre à Paris, alors qu'il informait les personnes présentes de leurs droits , Houssam El Assimi a été appréhendé avec violence par deux policiers avant d'être menotté et conduit dans un commissariat où il a été retenu en garde-à-vue pendant 27 heures. Il a ensuite été convoqué en justice pour « rébellion et violence sur personne dépositaire de l'autorité publique ».

Il encourt une peine de trois années d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.

Pourtant, une vidéo (voir ci-dessous 5min20) atteste qu'il ne s'est rendu coupable d'aucune violence ; or c'est bien lui qui a eu 3 jours d'ITT à la suite de son interpellation, alors que le policier qui l'accuse de violence ne peut produire aucune preuve de cette accusation.

https://vimeo.com/199205263

Mardi 17 janvier au TGI de Paris, après Rob Lawrie en 2015, Pierre-Alain Mannoni en 2016, Cédric Herrou en 2017 et tant d'autres, se tiendra encore une fois le procès de la solidarité et de la contestation du non-accueil érigé en politique.

Ce qui devrait être jugé au contraire, ce sont les rafles ! Symptômes et symboles d'une réponse policière à une tragédie humaine et d'une honteuse politique de non-accueil réaffirmée chaque jour avec détermination par le gouvernement français, elles ont été menées tous les 3 jours en moyenne à Paris pendant tout l'été 2016. Depuis le tournant sécuritaire du 22 Juillet 2016, on dénombre ainsi à Paris plus de 4500 arrestations, 400 OQTF (obligation de quitter le territoire français), 120 placements en Centres de Rétention Administrative et plusieurs expulsions vers des pays où les demandeurs d'asile risquent leur vie (Afghanistan, Soudan...). Depuis l'ouverture du Centre de la Porte de la Chapelle, qui n'a d'humanitaire que le nom, c'est avec toujours plus d'ardeur que les policiers harcèlent les migrants à la rue à coups de matraques télescopiques et de gaz lacrymogènes, confisquent les tentes et les duvets, même par températures négatives, respectant ainsi à la lettre la consigne donnée de concert par la Préfecture et la Mairie : plus de campements dans les rues de Paris. La communication des autorités, aussi rôdée et professionnelle soit-elle, sur un gouvernement qui « prend ses responsabilités » et une « ville-refuge » ne trompe personne. Les citoyennes et citoyens qui manifestent leur désaccord avec cette politique indigne et leur solidarité vis-à-vis de toute personne, fut-elle étrangère et en situation irrégulière, devraient être soutenues et non jugées.

Inhumanité et violence d'un côté, égalité et solidarité de l'autre, le combat continue !

Le 17 janvier 2017 à 9h, venez soutenir Houssam devant le TGI de Paris et demandons ensemble sa relaxe.

document au format PDF:

Lien : https://paris.demosphere.eu/rv/52254
Source : message reçu le 13 janvier 19h


Procès « Délinquants de la solidarité » à Paris

Pour Houssam poursuivi pour violences sur AFP ( agent force publique)

prévoir une présence militante ( procès à 9h, venir 1h avant pour passer les contrôles à l'entrée au Palais de Justice)

Le 9 novembre avait lieu le procès contre la solidarité de Houssam El Assimi et d'Aubépine Dahan. C'était aussi un procès qui montrait qu'en France, il était impossible d'imaginer que des personnes exilé.es vivant dans la rue puissent décider par elles-mêmes d'exercer leur, notre droit de manifester et de se rendre visibles autrement que comme des objets de mépris ou de charité sur des cartons. Impossible au point que la police en vienne à illégaliser cette manifestation pourtant déclarée.

Ils ont tous deux été relaxé.es.

Aujourd'hui Houssam doit faire face à un second procès mardi prochain, le 17 janvier.

Un procès qui cherche à faire un exemple parmi l'ensemble des personnes ...solidaires qui ont refusé l'utilisation des mots d'évacuation, mise à l'abri sous contrainte, contrôlé d'identité, d'opération de contrôle administratif... et affirmer que cet harcèlement de rue policier et administratif était quotidien et ne méritait rien d'autre que le nom de rafle.

Refusons la rafle et l'extension du domaine de la rafle !

Houssam a osé parler aux migrants lors d'une rafle, il a osé se préoccuper de leur sort pendant qu'ils échappaient en courant des griffes d'une administration acharnée à invisibiliser les migrants dormants sur le trottoir pour mieux cacher les échecs de la politique gouvernementale de non-accueil. Les informer de leurs droits alors même que les rugbymen de l'Equipe de France de contrôle administratif couraient après tout le monde pour instaurer une version bien spécifique de l'Ordre et de la Loi.

Les résultats de ces opérations au 9 novembre, après 28 rafles parisiennes :

  • 4000 arrestations de migrant.es,
  • plus de 500 Obligations de quitter le territoire (parfois distribuées en faisant croire aux exilé.e.s que c'etait un formulaire pour avoir un logement),
  • 140 personnes ont été placées en centre de rétention, et un nombre inconnu déporté vers le Danemark, la Norvège, l'Italie, etc. qui les renvoient dans leur pays d'origine

et pour Houssam :

un placage, un bras tordu, un étranglement par deux policiers, 27 h de garde à vue, 3 jours d'ITT et une accusation absurde de violences.

Malgré tous ces faits, il est convoqué mardi 17 janvier 2017 pour comparaître, à une audience au TGI de Paris pour "violence contre personne dépositaire de l'ordre public et rébellion".

Cet énième procès de la solidarité, à l'heure où se succèdent interpellations policières, réquisitions des procureurs, relaxes des juges, et appels du parquet, s'inscrit dans la logique de répression tout azimut qui cherche à instaurer la peur dans le cœur de tant de femmes et hommes, citoyen.es ou non, qui chaque jour, dans la vallée de la Roya, à Calais, ou en région parisienne, montrent qu'un autre "accueil" est possible et qui font ce que nous appelons à faire ; ce que même la loi nous ordonne de faire :

Art 223-6 : "Sera puni... quiconque s'abstient volontairement de porter à une personne en péril l'assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours.

Or c'est exactement ce que faisait les personnes présentes ce jour-là comme d'autres : informer des droits et risques en cas d'arrestation pour mieux se défendre.

Par saison électorale, cet exhibitionnisme sécuritaire se renforce mais ne cache pas les échecs répétés d'une politique à l'égard des étrangers et de ceux considérés comme tel, dont le fondement reste l'exclusion, le camp, le CRA, la clôture, le barbelé, la matraque, la nasse et le gaz lacrymogène.

Aujourd'hui nous avons non seulement besoin de votre soutien physique et moral, et nous vous appelons à venir nombreux à l'audience, mais aussi de votre soutien financier pour régler les frais juridiques.

Car ce n'est pas seulement par la violence physique que le gouvernement tente de bâillonner toute résistance. Bien conscient de l'asymétrie des ressources, il mise également, par l'acharnement juridique et donc financier, sur un abandon de la lutte.

Liberté !

حریة ! آزادی !

liens sur la situation des réfugiés à Paris de cet été à aujourd'hui :

http://www.liberation.fr/debats/2016/08/09/refugies-la-violence-de-l-etat-doit-cesser_1471297

http://www.msf.fr/presse/communiques/migrants-rue-paris-harcelement-et-violences-policieres-doivent-cesser

Voici le lien pour faire un don sur la cagnotte : https://morning.com/c/3ib6lc/No-One-is-illegal

Pour faire un don par virement bancaire, ou par chèque, merci de nous envoyer un mail à : collecextif.lachapelexle.debout@gmexail.com

Date et lieu de l'audience :

Tribunal de grande instance de Paris

4 Boulevard du Palais, 75001 Paris

Le 17 janvier à partir de 9h et jusq'à 13h (nous n'avons pas l'heure exacte jusqu'au jour-même)

Attention : il faut être devant le Palais à 8h30 pour pouvoir rentrer dans la salle d'audience

Source : https://www.facebook.com/events/2290819375460...
Source : message reçu sur la liste RESF-75 le 7 janvier 01h

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