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jeudi 12 octobre 2017 à 8h

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Pénicaud au Pré Catelan, le bois de Boulogne aux fainéants!

  • 08h (précise) : Rassemblement à l'intersection de la route de la Grande Cascade et du Lac Inférieur
  • 12h : Pique-nique sous un soleil radieux (ramenez de quoi casser la croûte)
  • 14h : Assemblée "Le 12 novembre, on chasse quoi?" dans un lieu couvert peu éloigné

Les 12 octobre prochain, les DRH des plus grosses boîtes françaises se retrouvent au Pré Catelan, en plein bois de Boulogne. Que du beau monde ! Les DRH d'Orange, La Poste, Renault, Carrefour, Engie, Bouygues, Michelin, Société Générale, Carrefour, Air France, Canal , Mac Donald, La Française des Jeux, Renault, et tous au même endroit !

Ils se retrouvent dans un 3 étoiles Michelin - il n'en coûte que 2600 euros d'être de la partie. Et comme si cela ne suffisait pas, ils invitent la ministre du travail Muriel Pénicaud le 12 octobre au matin pour fêter le succès - question de point de vue - de la loi Travail 2. Ils vont aborder « les sujets chauds liés à la Réforme du Travail » avec la « DRH de l'entreprise France », ça alors!

Et tout ça sans nous, ce serait dommage !

Alors, comme c'est le bois de Boulogne, nous, on a décidé de déclarer ouverte ce matin-là, 12 octobre, à partir de 8 H, la « chasse » au DRH. L'idée est de les empêcher d'arriver au Pré Catelan puis de les empêcher d'en repartir chacun à sa manière, et si possible de goûter aux petits fours…

Non mais !

http://chasseauxdrh.com/

Lien : https://paris.demosphere.eu/rv/56968
Source : http://chasseauxdrh.com/
Source : https://www.facebook.com/events/3635623374333...
Source : liste de diffusion CIP-IDF, reçu le 6 octobre 17h


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Rassemblement lors du déjeuner de la ministre avec les DRH du CAC 40

Pénicaud au Pré Catelan, le bois de Boulogne aux fainéants!

  • 22 septembre à 18h : réunion d'organisation - Bourse du travail, salle Eugène Varlin.
  • 27 septembre à 18h : réunion d'organisation - Bourse du travail, salles Louise Michel et Eugène Pottier
  • 12 octobre à 10h : rassemblement au Pré Catelan, bois de Boulogne

Les DRH des entreprises du CAC 40 invitent la ministre du travail Muriel Pénicaud, le 12 octobre prochain, à venir leur décrypter et commenter la réforme du Code du travail, au Pré Catelan, un restaurant trois étoiles du 15e arrondissement de Paris. Des intellectuels, artistes et syndicalistes proposent de s'y inviter en masse «pour ne pas subir le futur qu'ils nous préparent».

Lorsque les DRH des entreprises du CAC 40 gueuletonnent ensemble, c'est évidemment au Pré Catelan, en plein XVIème arrondissement, au coeur du bois de Boulogne. Lorsqu'ils fêtent l'un des leurs, c'est évidemment Muriel Pénicaud, la « DRH de l'entreprise France » - comme ils disent -, celle qui renverse la table de tous les conservatismes avec sa pétaradante Loi Travail 2.

Donc, le 12 octobre prochain, au matin, à peine les ordonnances de la nouvelle loi Travail passées, les DRH des grandes entreprises françaises - ceux-là mêmes qui comptent nous faire trimer toujours plus dur pour des miettes toujours plus microscopiques - comptent se retrouver dans ce restaurant trois étoiles pour célébrer ce qu'ils considèrent d'avance comme leur victoire définitive sur les pauvres, loin des regards importuns qui suffisent à vous gâcher les petits fours. Comment ne pas songer à s'y inviter en masse ce jour-là, et à leur faire leur fête à eux aussi ? Est-il raisonnable de laisser les DRH d'Engie, Bouygues, Michelin, Société Générale, Carrefour, Air France, Canal +, Mac Donald, La Française des Jeux, La Poste, Renault, Orange, Carrefour, etc., méditer tranquillement les prochains coups qu'ils entendent nous porter, quand on sait que c'est en nombre de suicides, de "burn out", de dépressions, de démissions ou juste de malheur et de misère que se mesure, en règle générale, le succès de leurs stratégies RH innovantes ?

Il y a chez tout DRH quelque chose de spécialement détestable, et cela commence par le fait de feindre de se soucier des humains quand son seul souci porte en réalité sur leur soumission et leur rendement. L'exploitation n'aime pas qu'on l'appelle par son nom. Très tôt, dès les années 1930, elle a préféré que l'on parle de « Relations humaines » plutôt que d'« Organisation scientifique du travail », qui sentait trop la schlague. Les voici, un demi-siècle plus tard, métamorphosés en « directeurs des Ressources humaines » - des sortes de jardiniers de la jungle entrepreneuriale dont le seul souci serait de nous aider à réaliser notre potentiel, à nous libérer, à saisir les opportunités, à développer durablement notre capital humain. Ceux qui vous volent votre vie exigent en outre que vous les en remerciez, ne fût-ce que d'un sourire forcé. Vieux principe mafieux. Tout pouvoir s'installe sur un abus dénié.

Le raout du 12 octobre au Pré Catelan en présence de Muriel Pénicaud ne représente pas seulement un geste de folle arrogance, voire de provocation ; il a aussi quelque chose d'inédit. Car, depuis que Macron a pris l'appareil d'État, le monde de l'entreprise ne cache plus ses ambitions politiques. La présentation de l'événement en témoigne assez : la nouvelle donne politique « qui fait bouger les institutions et a bousculé l'ordre établi, nous invite à regarder du côté de l'entreprise. Car les parallèles sont nombreux, entre le management d'une organisation et le gouvernement d'un pays. Entre un collaborateur et un citoyen. Les observateurs ont ainsi considéré que la "start-up Macron" avait su merveilleusement jouer la carte du collectif, en pariant sur la créativité, l'adaptabilité et le sens. » Avec Macron, le monde de l'entreprise veut sa revanche historique. Il pense son heure venue et compte mener à son terme sa contre-révolution.

L'infime et pathétique classe des "managers" a toujours été cernée, en France, d'un mépris social et humain de chaque instant. Son idiome ridicule n'a jamais cessé de provoquer l'hilarité populaire. Ses formes de vie lamentables n'ont cessé de fournir, depuis plus de trente ans, une inépuisable matière aux sketchs des humoristes. Mais ce rire, souvent, nous est resté en travers de la gorge devant les dégâts humains. Depuis quelques mois, cette classe s'imagine qu'elle tient enfin les leviers du pouvoir, qu'elle a enfin droit de cité. Elle qui ne peut régner qu'à condition de rester claquemurée dans ses quelques quartiers bourgeois et désolés, elle qui ne peut croire disposer d'une humanité supérieure au motif qu'elle a fait des études supérieures qu'en s'enfermant dans son entre-soi doré, s'expose, et s'expose "politiquement". Elle est prise de folie des grandeurs. Parce que l'un des siens est devenu président, elle s'imagine que le pays lui appartient. Parce que Macron est au pouvoir, elle se croit devenue hégémonique. Or Macron et son monde n'ont pour eux qu'une dérisoire fraction de la population que nul ne respecte. Le problème, en France, ce ne sont pas seulement les 1 % qui détiennent le capital, ce sont plutôt les 15 % qui leur obéissent inconditionnellement. Le problème politique central, ce sont tous ces "managers" et aspirants "managers" qui, non contents de gérer leur propre vie, entendent gérer celle des autres. La révolution que promeut Macron, et dont il s'est bien gardé de préciser la nature, n'est autre que la vieille « révolution managériale ». Dans sa démence, elle voudrait envoyer au rebut toutes les formes de vie qu'elle juge dépassées : ouvriers et paysans, artistes au RSA et fonctionnaires peu portés sur l'entrepreneuriat, chômeurs affamés et jeunes politisés, retraités trop peu dynamiques et pécheurs du dimanche, immigrés sans capital social et chercheurs sans débouché commercial. Leur nouveau monde de l'« agilité », de « l'entreprise libérée », du « collaborateur augmenté », de « l'intelligence collective » et de l'« innovation de rupture », nous sommes une écrasante majorité à n'en pas vouloir. Tout le monde, au fond, déteste l'entreprise. Organisons-nous pour ne pas subir le futur qu'ils nous préparent. Organisons-nous pour faire leur fête, le 12 octobre, aux DRH et à Pénicaud.

Première réunion publique à ce sujet vendredi prochain, le 22 septembre, à la Bourse du travail, salle Eugène Varlin, 3, rue du château d'Eau, à 18H.

Signataires :

Ludivine Bantigny, historienne; Jacqueline Balsan, Présidente du MNCP; Jérôme Baschet, historien; Eric Beynel, porte parole de Solidaires; Philippe Borrel, réalisateur; Annick Coupé, syndicaliste et altermondialiste; Sylvain Creuzevault, metteur en scène; Alain Damasio, écrivain,; Alessi dell'Umbria, écrivain et cinéaste; Laurence De Cock, historienne, militante pédagogique; Bernard Friot, économiste; Gérard Delteil, écrivain; Sylvain George, cinéaste, écrivain, metteur en scène,; Noël Godin, entarteur, écrivain et encyclopédiste; Eddy Guilain, militant CGT; Manu Haze, syndicaliste paysan; Jean-Yves Lesage, CGT du Livre; Daniele Linhart, sociologue; Philippe Marlière, politiste; Xavier Mathieu, Comédien ex Conti; Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste; Ugo Palheta, sociologue; Élisabeth Perceval et Nicolas Klotz, cinéastes; Théo Roumier, syndicaliste Solidaires, Cahiers de réflexions Les Utopiques; Yves Simon, syndiqué SNJ-CGT.

Source : message reçu le 21 septembre 11h


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Contre l'entreprise-France des DRH en marche !

Nestlé, Carrefour, Orange, Michelin, Mac Donald France, Bouygues, Dassault, etc., ces grandes entreprises se retrouvent le jeudi 12 octobre au Pré Catelan, en plein bois de Boulogne, trois étoiles au guide Michelin, 2 600 euros la place. Quand même. Obscène mise en scène au regard des difficultés sociales. Mais révélateur puissant de ce qu'est devenue la question du travail en France. Une année après le passage au 49.3 de la loi travail, son retour avec sa mouture XXL bafoue les droits essentiels des salarié.e.s : simplification, au seul profit de l'employeur, des licenciements, plafonnement des annuités de licenciements aux prud'hommes, justification des plans sociaux sur la seule base des résultats nationaux, réduction de la représentation syndicale suite à la fusion des institutions représentatives du personnel. De même, la manière dont le travail s'est dégradé depuis vingt ans se conjugue à une répression sans précédent des formes de résistances au recul du droit de travail à travers la criminalisation et la dépolitisation des actions de protestation syndicales et autres.

Ce raout des DRH au Pré Catelan est une célébration des pires principes du management et surtout de la victoire de « la start up Macron » par ceux qui se veulent le reflet d'une « fonction RH en marche ! ». Le spectacle offert par la rencontre de la centaine d'intervenants est un puissant révélateur du cynisme économique ambiant. Celui porté par ce nouveau « président des riches » et de ses gestionnaires de la performance qui organisent l'institutionnalisation du précariat et la déshumanisation du travail. Comme le souligne Lise Gaignard, « on ne dit plus un salarié, on dit un collaborateur, comme si dans l'entreprise tout le monde était égal. On ne dit plus licenciement, mais plan de sauvegarde de l'emploi (…) On met en place des cellules d'urgence mais personne ne se demande comment on a pu produire des monstres pareils »[1] .

Ce qu'apprend le nouveau guide global du management, c'est comment apprendre à désapprendre. Exit la cumulativité. Ce qu'il organise, c'est l'accélération de la détérioration des conditions de travail au profit d'un modèle qui sacrifie l'intelligence collective à la compétitivité et à l'individualisme. Ainsi, un des personnages du roman de Tatiana Arfel se demande « comment on peut aujourd'hui à la fois exalter l'individualisme, isoler chaque travailleur, tout en le rendant paradoxalement chaque jour toujours plus anonyme, plus … Impersonnel … Interchangeable … Une collection de pantins aux têtes vides tournant en rond au pas dans des boîtes invisibles mais étanches, voilà ce qui se profile … »[2] .

« Apprendre à être collaboratifs, accepter les critiques venant d'une machine, développer le tutorat réciproque », voilà ce qui est demandé aux salarié.e.s dépersonnalisé.e.s. Ces injonctions contradictoires sont synonymes de souffrances au travail, de harcèlement moral, de burn out, de dépression, de suicides. Elles ouvrent un immense marché aux nouveaux experts des risques psychosociaux dont les outils fournissent un écran opportun aux problèmes liés au travail.

Les suicides qui ont dramatiquement marqué l'histoire de France-Télécom Orange (19 suicides en 2009, 27 en 2010 et 11 en 2011) révèlent le profond malaise des salariés, largement engendré par l'usage intensif d'outils managériaux empruntés au domaine militaire : l'entreprise, c'est la guerre. Ce n'est pas un hasard si le poids des militaires au sein des congressistes est particulièrement important. En cela, il nous renvoie à l'histoire française du management depuis la fin du 19^e siècle. Depuis les années 80, les grandes entreprises, estimant que le poids salarial les pénalisait, ont changé la notion de "personnel" en "ressources humaines", c'est ainsi que les directeurs des ressources humaines deviendront une composante essentielle de la "nouvelle économie".

Que « l'édito » de ce congrès réinvente les thèmes centraux de la « Révolution managériale » (supériorité de l'entreprise et des directeurs sur l'Etat et les politiques) ne peut que nous inquiéter. Ainsi, la ministre actuelle du travail s'attribue pompeusement le titre « DRH de l'entreprise France ». De nombreux parallèles sont explicitement établis entre « le management d'une organisation et le gouvernement d'un pays, entre le collaborateur et le citoyen »[3]
. Vieille utopie increvable, de Saint-Simon à Renan, réinventée dans la France de la fin des années 1930 par les tout premiers spécialistes du « facteur humain », des ingénieurs convertis à l'administration des choses et qui se font les artisans d'une « organisation rationnelle de l'humanité » ….

Ces nouvelles noces du gouvernement et de l'entreprise, l'idée que les managers convoitent tous les leviers du pouvoir, sans doute trop ambigües, ont été vite effacées de la première annonce du congrès. Ce n'est pas rien et nos « (D) RH en marche ! » semblent avoir soudainement réalisé que la collusion affichée d'un pouvoir et d'un savoir est toujours dangereuse. Le texte d'appel, intitulé « Pénicaud au Pré Catelan, le Bois de Boulogne aux Fainéants » »[4] , comme ceux qui ont circulé sur les réseaux sociaux de Frédéric Lordon[5] ou Jacques Fradin[6] ne sont pas pour rien dans ce subit changement de style. Dès lors que l'initiative d'engager une action s'est fait savoir, les organisateurs de cet événement ont changé leur fusil d'épaule, supprimant d'abord « l'édito » du site du congrès ; puis remettant en ligne une nouvelle version nettement édulcorée.

Cette petite victoire politique ne peut que nous donner des raisons supplémentaires de venir faire leur fête aux DRH et à Pénicaud au Pré Catelan.

C'est pourquoi nous appelons à nous mobiliser en signant cette pétition, à faire entendre nos désaccords avec cette politique et à nous rassembler nombreux *le 12 octobre 2017 à partir de 8h*.

Premier.e.s signataires :

Odile Henry (professeure à l'Université Paris 8), Michel Kokoreff (professeur à l'Université Paris 8), Jean Rochard (producteur de musique), Danièle Linhart (Directrice de recherche au CNRS), Olivier Gasnier (disquaire - membre du bureau national SUD Fnac), Judith Abitbol (cinéaste), Razmig Keucheyan (professeur à l'Université de Bordeaux), Philippe Marlière (Professeur University College de London), Dominique Pifarély (musicien), Christian Tarting (professeur honoraire des universités, écrivain, éditeur), Fabien Barontini (Directeur artistique musique).

Source : message reçu sur Prep.Coord.Nat le 11 octobre 08h

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