thème : répression
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samedi 18 novembre 2017 à 11h

2 parties : 1 2

Rassemblement de soutien aux

victimes de l'assaut antiterroriste de Saint Denis

2 ans après l'assaut antiterroriste au 48 rue de la république à St Denis, le scandale continue: pour la majorité des habitant-e-s, rien n'est réglé !

Le 18 novembre 2015, une opération de police de grande envergure a eu lieu au 48 rue de la République à Saint Denis pour neutraliser les terroristes responsables des attentats du 13 novembre, retranchés dans l'immeuble. Les habitant-e-s, familles avec enfants, célibataires, ont vécu des heures d'angoisse, cachés chez eux au milieu des tirs, sans savoir ce qu'il se passait. 4 d'entre eux ont été blessés par balle, une explosion a détruit une partie de l'immeuble. A l'issue de l'assaut, elles et ils ont été évacués de leur domicile, l'immeuble ayant été rendu inhabitable.

Hébergés dans un gymnase 10 jours, puis à l'hôtel et délaissés par les pouvoirs publics, les habitant-e-s, organisés avec le DAL, se sont constitués en association pour se défendre: l'association DAL des victimes du 48 rue de la République. Ils demandent pour tou-te-s : le relogement, la régularisation des sans-papiers, la reconnaissance de leur statut de victimes et réparation. Les habitant-e-s et leurs soutiens ont multiplié les actions collectives: manifestations, rassemblements à Saint Denis mais aussi devant les ministères du Logement, de l'Aide aux victimes, de la Justice… Un comité de soutien s'est mis en place rapidement et la solidarité s'est exprimée concrètement à de nombreuses reprises, à l'école Jules Guesde ou lors du concert de soutien donné en mars 2016 au Théâtre Gérard Philippe de Saint Denis. C'est suite à ces mobilisations qu'une partie des habitant-e-s a été relogée, régularisée et que les procédures d'indemnisation ont été lancées.

Mais deux ans après le drame, les habitant-e-s semblent avoir été oubliés ! Malgré les engagements de la ministre du Logement, moins de la moitié des 45 ménages ont bénéficié d'un relogement pérenne, les autres sont toujours hébergés dans des conditions de plus en plus dégradées. La procédure d'indemnisation reste lente, les habitant-e-s n'ont pas accès au suivi psychologique qu'ils demandent, y compris les enfants, la régularisation a été refusée à trois d'entre eux et trois ne sont plus hébergés à l'hôtel. Suite à un arrêt de prise en charge cosigné par la mairie et la préfecture, l'un des anciens habitants, âgé de plus de 60 ans n'a aujourd'hui aucune autre solution que de dormir dans sa voiture, les deux autres, dont l'un est malade, dorment à gauche à droite, parfois chez des proches parfois dans un hall d'immeuble… Cette situation est intolérable !

Face à cela, la solidarité ne doit pas faiblir, deux ans après soyons nombreux pour exiger que l'ensemble des anciens habitant-e-s du 48 soit relogé, régularisé et reconnu victime du terrorisme !

Les habitant-e-s et leurs soutiens vous donnent rendez vous samedi 18 novembre à partir de 11h devant le 48 rue de la république à Saint-Denis pour un rassemblement convivial avec des prises de parole, des animations et partager un repas !

Rassemblement de soutien samedi 18 novembre à partir de 11h devant le 48 rue de la République - Saint-Denis

Premiers signataires :

Association DAL des Victimes du 48 rue de la République, Copros Libres Saint-Denis, DAL, LDH Saint-Denis-Plaine Commune, MRAP Saint-Denis, Réseau Solidarité Logement, Sud CT, Union Locale SUD-Solidaires Saint-Denis…

Avec le soutien de : France Insoumise Saint-Denis, Lutte Ouvrière Saint-Denis, NPA…

Lien : https://paris.demosphere.eu/rv/58204
Source : https://www.droitaulogement.org/2017/11/saint...


Saint-Denis :

deux ans après l'assaut de la police, le scandale continue

Lutte ouvrière

Si les médias se sont penchés sur le sort des victimes des attentats du 13 novembre, ils demeurent beaucoup plus silencieux sur le sort réservé aux victimes de l'assaut de la police le 18 novembre 2015, au 48, rue de la République à Saint-Denis.

Sans avoir évacué l'immeuble où s'étaient réfugiés Abdelhamid Abaaoud et l'un de ses complices, les policiers l'ont mitraillé, le détruisant en grande partie et obligeant les familles à se calfeutrer pendant de nombreuses heures dans l'angoisse, sans aucune information. Quatre habitants ont été grièvement blessés par balles. La plupart des résidents ont été évacués après l'assaut, parfois dix, voire vingt-quatre heures après.

Ces familles, comptant de nombreux enfants, ont eu le sentiment d'être en zone de guerre. Pourtant, dès le départ, l'État, représenté par le préfet, les a traitées avec le mépris qui le caractérise face à des familles populaires d'origine immigrée. Hébergées dans un premier temps dans un gymnase, ce sont les habitants de la ville, solidaires, qui leur ont apporté une vraie aide. Les familles ont eu l'interdiction de rentrer dans leur immeuble d'origine, et n'ont même pas pu récupérer leurs biens. Il a fallu que les habitants du 48 s'organisent en association pour faire valoir leurs droits, empêcher l'expulsion de trois sans-papiers qui avaient reçu des ordres de quitter le territoire et exiger le statut de victimes du terrorisme.

Deux ans après, force est de constater que le mépris de l'État pour ces victimes est toujours la règle. Plus de la moitié des habitants ne sont toujours pas relogés, seize personnes sont hébergées à l'hôtel, dont onze dans un hôtel miteux de L'Île-Saint-Denis. Dans ce dernier, il y a deux toilettes et trois douches sans eau chaude pour tout le monde. Les habitants ne peuvent pas laisser de nourriture sur les tables et sont obligés de tout accrocher parce que les souris viennent tout dévorer. Les autorités ont trouvé tout à fait normal de loger dans la même chambre des voisins sous prétexte qu'ils étaient tous du 48. Et les résidents ont l'interdiction d'amener leurs bagages ! Pire, trois habitants sont aujourd'hui dans la rue, dont un homme de 60 ans, malade, qui n'a d'autre solution que de dormir dans sa voiture. Les prétextes invoqués pour mettre fin à cet hébergement d'urgence sont divers : l'un, malade, a été hébergé quelques jours chez des amis, la préfecture et la mairie ont donc estimé qu'il a d'autres solutions. L'autre est parti dans sa famille au pays.

Après l'assaut, les autorités avaient affirmé qu'elles regarderaient avec bienveillance les demandes de régularisation des sans-papiers mais trois d'entre eux ont été déboutés. Quant aux procédures d'indemnisation des victimes, elles traînent en longueur et sont dérisoires quand elles sont versées.

L'un des habitants résumait la situation en disant avoir le sentiment « d'être un cadavre enterré les pieds dehors ». Les habitants ont donc décidé de manifester le 18 novembre, jour anniversaire de l'assaut, devant l'immeuble du 48, rue de la République, à Saint-Denis, à 11 heures. Ils appellent à venir les soutenir nombreux.

Aline URBAIN

Source : https://journal.lutte-ouvriere.org/2017/11/15...

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