thème : répression
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samedi 17 février 2018 à 13h30

Assemblée générale du Collectif

« Ni guerres ni état de guerre! »

le samedi 17 février de 13H30 à 17H, salle Louise-Michel, Bourse du travail de Paris 3 rue du Château d'eau.

Deux ans après sa création, les raisons de continuer et de renforcer le Collectif sont toujours là. Pour en discuter, nous vous convions à une Assemblée générale du Collectif Ni guerres ni état de guerre,

L'orientation fondamentale de la plate-forme du Collectif est plus que jamais d'actualité : elle entend faire le lien entre d'une part les guerres et les ingérences imposées par la France de l'Afghanistan à l'Afrique, et d'autre part l'état de guerre réglant la vie du pays. La doctrine exposée dans le Livre blanc de la Défense de 2008 ne faisait plus de distinction entre sécurité intérieure et sécurité extérieure : cette doctrine est aujourd'hui largement passée dans les faits.

L'état d'urgence décrété en novembre 2015 est désormais inscrit dans le marbre de la loi, étendant les pouvoirs de la police, de l'administration, et le champ de l'arbitraire. Plus de 4000 perquisitions ont été effectuées, visant pour la plupart des familles réputées musulmanes. Des assignations à résidence continuent à imposer leur carcan. Des interdictions de manifester se multiplient. Une répression jamais vue depuis les années 1950 et 1960 s'est abattue sur le mouvement social et contestataire. En vingt mois, plus de 4000 militants ou manifestants ont été poursuivis ou condamnés (souvent à la prison ferme).

Mais surtout, un climat délétère asphyxie le pays. Il parait normal d'ordonner des exercices de confinement dans les classes maternelles contre la menace terroriste ; il paraît normal qu'une lycéenne perde un œil alors qu'elle protestait contre l'esclavage en Libye devant son lycée (24 novembre) ; il paraît normal d'enlever leurs chaussures aux réfugiés au nom d'une politique officielle nommée « dissuasion migratoire » ; il paraît normal de laisser périr à nos portes, si près de nous, des hommes, des femmes, des enfants qui fuient les ravages de guerres où « notre Etat » est souvent directement impliqué ; il paraît normal qu'un député, ancien premier ministre, dise que l'islam pose un problème à la France ; il paraît normal qu'un écrivain qui tient ses permanences dans les medias publics puisse y répéter que l'actuelle campagne antisexiste est organisée pour noyer le problème de l'islam ; il paraît normal que des syndicalistes soient poursuivis en justice par des ministres (Travail, Education), uniquement pour avoir exercé normalement leur activité syndicale ; il paraît normal qu'une jeunesse populaire, particulièrement celle qui est issue de l'immigration, subisse une triple peine, le déficit scolaire, le chômage et la précarité, les violences du système répressif, avec en prime une stigmatisation qui aujourd'hui s'étend à celles et à ceux qui dénoncent ces abominations.

Dès son arrivée au pouvoir, le nouveau président Macron s'est posé comme chef de guerre, qui veut que « la France tienne son rang dans l'ordre mondial ». Mais « ce n'est pas de l'impérialisme » a assuré le président aux étudiants burkinabés qui, visiblement, n'ont pas entendu la leçon.

Macron veut suivre avec zèle les recommandations de l'OTAN sur la modernisation de l'arme nucléaire et sur l'augmentation des budgets militaires jusqu'à 2% du PIB. Ainsi, le budget de la Défense va bénéficier en 2018 d'une augmentation sans précédent de 5,6%, le portant à 34,4 milliards d'euros (1,8% du PIB). La perspective est d'atteindre les 50 milliards en 2022. Les 40 000 militaires intervenant à l'étranger et les 10 000 en France coûtent cher. Pendant le quinquennat, les OPEX bénéficieront de 200 millions supplémentaires par an. La dissuasion nucléaire bénéficie d'une augmentation de 180 millions.

S'adressant le 9 novembre aux militaires français de la base navale d'Abu Dhabi (dans cette « zone de guerre essentielle pour les intérêts de la France »), Macron leur assure : « Ce que vous contribuez ici à construire accompagne le Louvre Abou Dhabi ».

Dans les pays africains, la France est à la peine, mise à mal par la concurrence d'autres puissances et par l'hostilité croissante des peuples. Tout en renforçant la coopération militaire et policière, les opérations armées y compris une nouvelle fois en Libye, Macron tente de rendre plus présentable une Françafrique rejetée par la jeunesse révoltée. Ainsi, le système du franc CFA (système unique mis en place par une ancienne puissance coloniale pour poursuivre sa domination) sera non pas aboli ni même réformé, mais rebaptisé (pourquoi pas avec l'ancien nom : « franc des colonies françaises d'Afrique » ?).

Plus que jamais, faire vivre les quatre points centraux de la plateforme du Collectif est d'une urgence aiguë :

  • exiger l'arrêt immédiat des interventions militaires françaises, le retrait des bases militaires, la fin des traités et alliances (OTAN…) ;
  • dénoncer le marché des ventes d'armes qui irrigue entre autres les pires dictatures ;
  • combattre la militarisation de la société, le quadrillage des territoires et des esprits par le complexe militaro-sécuritaire ;
  • soutenir le droit à l'autodétermination des peuples, apporter sa solidarité aux forces de résistance et d'émancipation.

Depuis deux ans, et malgré des moyens limités, le Collectif a cherché à faire vivre cette orientation à travers de multiples activités :

  • édition (sites web et FB, bulletins),
  • manifestations : contre les bombardements de Raqqa et de Mossoul, participation aux manifestations contre le loi Travail, pour la paix et le désarmement, pour la Palestine, etc.
  • co-organisation de colloques (par exemple avec Survie, avec le collectif Non à l'OTAN, l'UD CGT) ou participation comme invité.

L'activité la plus constante et sans doute la plus marquante (parce qu'elle a touché des publics divers) fut l'organisation de nombreuses réunions publiques sur des thèmes très variés : la situation en Tunisie, en Syrie, en Turquie et au Kurdistan, le post-colonialisme, le système répressif en France, le rôle du militaire dans l'Etat et l'économie, l'oppression spécifique des femmes dans la guerre, l'OTAN, etc.

Venez nombreuses et nombreux en discuter et faire des propositions à l'AG du 17 février 2018.

Samedi 17 février 2018 de 13 h 30 à 17 heures

Bourse du travail de Paris (rue du Château d'eau) salle Louise Michel

http://collectifantiguerre.org/IMG/jpg/banderole_finale-2.jpg?1456161893

Lien : https://paris.demosphere.eu/rv/60089
Source : message reçu le 11 février 19h

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