thème : répression
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jeudi 21 juin 2018 à 19h30

Lecture musicale de Nour Khay et de Joseph Kacem

« Sangs mêles ni regrets. »

Recueil de textes sous État d'urgence

Lecture musicale de Nour Khay et de Joseph Kacem. Accompagnés de Joachim B. Thönen à la contrebasse.

Les textes inédits qui composent l'essentiel de ce recueil furent écrit entre 2015 et 2017.

L'Etat d'urgence, le mouvement contre La Loi Travail, les répressions tout azimuts, les identirarismes, le succès des thèses autoritaristes et nationalistes, les affres de Joseph dans son exercice du journalisme, les interminables séries de naufrages de clandestins dans la mer méditerranée ou les exactions policières qui émaillèrent cette période, alimentèrent tous ces textes. Ils en sont le mortier.

Voir en ces textes une démarche militante serait pourtant une erreur.

Ces créations ne sont que les reflets d'une époque. Les écrits compilés dans « Sangs mêlés ni regrets » peuvent déranger et se faire enfermer dans le « militantisme »... mais ce ne serait que pour mieux les neutraliser.

Nous nous en défendrons.

Nous répondrons à cette rhétorique que nos auteurs sont au delà du choix militant, car ils sont eux-mêmes l'enjeu du domaine politique. Comme l'a lu Nour Khay en interprétant « Débridage » devant le public de la galerie Numas Igra : « J'ai peur que le jour du grand massacre, de l'épuration finale, vous préféreriez manger des sardines grillées plutôt que de prendre d'assaut le camp où ils m'auront enfermée.[...] Je ne suis pas suicidaire, je n'ai pas le choix. Je suis une femme. Une femme qui se tient, là, devant vous. Une femme métissée à l'extrême ».

*

Ce titre tient à se démarquer clairement des postures racialistes et des discours culpabilisants qui pourrissent notre présent.

Joseph comme Nour sont ce qu'ils sont et se refusent à faire valoir une particularité ethnique qui donnerait une légitimité « divine » à leurs propos. Ils s'inscrivent très clairement, et sans la moindre ambiguïté, dans ce qu'ils peuvent partager avec les autres classes d'âges, les non-métisses, les métisses, les indigènes européens ou ceux d'ailleurs.

Et si Joseph affirme « Passivement, naïvement - nous avons choisi de laisser crever nos semblables » dans « L'Afrique, les sardines et le silence», ce n'est jamais que pour inviter à faire d'autres choix que ceux de la passivité et du repli sur soi-même.

Pour lui, l'humanité est en prise aux divisions sociales et idéelles, et n'est ni une morale ni un projet, mais une lutte. Chez Kacem, l'humanisme c'est l'affirmation de l'humanité contre sa prolétarisation ; c'est un fait Historique qui s'est toujours opposé aux séparations nationales, sexuées, sociales, économiques ou culturelles qui agencent et dominent le monde contemporain. Dialecticien, il réaffirme ici : sans combat (physique comme intellectuel) contre les séparations, l'humanité ne peut pas être en accord avec elle-même. L'inhumanité est donc passivité pour Kacem, car elle est l'acceptation des séparations : de la prolétarisation.

Tel est son propos lorsqu'il invite à refuser l'acceptation passive de ce monde déshumanisant en soutenant la thèse de la révolte pour l'humanité, car contre les séparations.

Révolte et espoir qu'il confond intégralement avec l'humanisme lorsqu'il écrit : « L'Afrique est là, dans chacune de vos cellules, c'est notre caryotype. C'est ce qui définit notre espèce qui est née en elle, il y a des centaines de milliers d'années. Partout où il y a un humain, l'Afrique est là. » (in. « L'Afrique, les sardines et le silence »).

Lien : https://paris.demosphere.eu/rv/63074
Source : message reçu le 12 juin 12h

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